22h15.

j'aime cette heure-là. tous dorment. je me suis acquittée des tâches de la journée, et je ne suis plus qu'à moi depuis quelques instants.
je suis encore là, à griffonner sur mon carnet. des choses vues dans la journée. la joie et l'énervement des enfants à la sortie de l'école. cet homme devant le bar, qui suivait la course hippique derrière la vitre, son ticket de pmu dans une main et une clope dans l'autre, qui sentait  la sueur âcre de ces jours trop chauds qui me font me carapater à l'intérieur de ma maison fraîche. cette mère qui après m'avoir dit "alors vous quittez l'école?" m'a regardée de travers - et ce n'était pas la première.
mon filofax, mon moleskine. et ces "oeuvres" de saint-ex  que je ne quitte pas depuis deux heures, alors que j'en ai lu à peine une page sur le canapé. avoir ce volume près de moi me réconforte sans que j'ai besoin de l'ouvrir.
j'aime cette heure d'été où l'air devient enfin respirable. où on ouvre les fenêtres pour laisser entrer la fraîcheur de la nuit. où j'entends de la rue des cris d'enfants qui rentrent à la maison avec un groupe de femmes qui rient et chantent des mots. elles me font penser à ces nuits de février que j'avais passé en roumanie, d'où montaient les chants de roms qui balayaient les rues en traînant des brouettes en fer qui faisaient un boucan épouvantable.

je vais arroser mon petit potager... (premières fleurs chez les tomates, feuilles de courgettes épanouies, carotte(s) en berne)