DSC_0077

DSC_0059

je vous avais promis de vous reparler de ces ateliers parents auxquels je participe. j'étais absente pour le précédent, et les fêtes sont venues se greffer sur les calendriers. le cycle a donc repris hier, avec un thème on ne peut plus intéressant...

susciter la coopération (ça vous parle? moi franchement oui...)
dans une journée, nous demandons beaucoup de choses à nos enfants. notre premier exercice hier soir a été de faire la liste de tout ce que nous demandons à notre progéniture de faire, et tout ce que nous lui demandons de ne pas faire. (se lever, s'habiller, prendre son petit déjeuner, rester assis à table, se brosser les dents, ne pas écraser le chat, ne pas mettre les doigts dans les yeux de son petit frère, parler correctement à sa maman, mettre ses chaussures, mettre son manteau/son écharpe/son bonnet, ne pas courir dans la rue, s'attacher dans la voiture, dire bonjour aux gens... je continue ou ça va? là on n'en qu'au début de la journée...).
chaque situation où nous avons une demande est une source de conflit potentiel. alors comment arriver à nos fins et faire respecter nos règles sans que quiconque se sente léser et sans y laisser une énergie dingue?
si on menace, si on sermonne longuement, si on donne des ordres durement, si on accuse, l'enfant se sentira culpabilisé, déresponsabilisé, en colère et en rébellion, et n'aura plus aucune volonté d'aller dans notre sens... et là, on pourra toujours s'accrocher pour qu'il vide l'eau du bain, rince la baignoire, étende la serviette mouillée en boule sur le sol, se mette en pyj" au lieu de courir partout dans la maison à poil, et en bonus mette la table pour le dîner...
alors on finira peut-être par gagner. sûrement d'ailleurs. mais la victoire avec un enfant puni et hurlant dans sa chambre, nous les cheveux hirsutes et rouge d'avoir crié si fort, peut laisser un goût très très amer dans la bouche... on se demande où on a loupé le coche, on se sent nul comme parent, on est triste...

l'atelier propose plusieurs alternatives (qui fonctionnent plus ou moins selon les tempéraments de chacun enfant et parent, selon l'âge... à adapter à ce que l'on "sent", à tester, à pratiquer pour que ça devienne automatique):
* au lieu de donner des ordres ou blâmer => décrire
ex : tu as encore laissé la lumière de la salle de bain allumé, combien de fois je vais te répéter que c'est pas versailles ici! => la lumière de la salle de bain est allumé

* au lieu d'accuser ou d'insulter => donner de l'information
ex : ça ne te passerait pas par la tête de me donner un coup main au lieu de me regarder non? =>ça rendrait service si la table était mise

* au lieu de faire un long sermon => réduire le message en un mot
ex : je vous ai dit je ne sais combien de fois que quand on rentrait la première chose qu'on faisait c'était d'enlever ses chaussures et de le ranger dans le placard. après tut traîne et ça salit l'entrée que j'ai nettoyé aujourd'hui, et personne ne retrouve ses chaussures le lendemain matin. et forcément on se met en retard. => chaussures, les enfants!

* au lieu de dire aux enfants ce qui ne va pas chez eux => parler de ses propres sentiments
ex : mais c'est pas possible, tu es incapable de garder une chambre rangée, tu es vraiment dégoutant! => je me sens en colère quand je vois la chambre dans cet état, j'ai l'impression d'avoir perdu mon temps à t'aider à la ranger

* au lieu de répéter plusieurs jours de suite la même chose => écrire une note
ex : ça fait trois jours que je te demande de monter ses vêtements que j'ai repassés! => petit post-it collé sur les vêtements qui attendent dans l'escalier "victor, laisse nous rejoindre nos copains dans ton placard stp! signé : les t-shirts abandonnés"

(tous les exemples sont du vécu, du vrai, et comme vous j'imagine j'en ai encore en stock...)

je trouve que ce sont de nouvelles attitudes intéressantes à explorer. j'en utilise parfois certaines, mais ce n'est pas assez systématique... et les reproches n'ont jamais aidé quelqu'un à se bouger...
tant que les enfants sont jeunes, on peut les impressionner, voire leur faire peur (genre : si tu ne te lèves pas, très bien, reste ici, moi je rentre à la maison), les obliger par la force... mais ça ne fonctionne qu'un temps... on se décrédibilise à leurs yeux, ils n'ont plus aucune envie de nous écouter... et que devient la relation? sur quoi se construisent-ils, à part un rapport de pouvoir dans lequel il faut faire céder l'autre quitte à lui marcher dessus?

allez au boulot les amis!
je sais que le chemin est long pour changer mes fonctionnements, mais j'ai bon espoir! petits pas après petits pas... et vous?

(la semaine prochaine, au menu, remplacer la punition... ah ah!)