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il y a un an, jour pour jour, heure pour heure, je descendais de ma chambre d'hôpital au bloc opératoire, après une bonne douche. on me posait une perf", on me demandait plusieurs fois comment je m'appelais et pourquoi j'étais là histoire d'être sûr sûr que c'était bien le ventre qu'on devait ouvrir (et pas une jambe qu'on devait couper).
il y a un an jour pour jour, je faisais le dos rond, la tête posée sur la poitrine de l'anesthésiste pendant que son interne officiait, pour qu'on me pose une rachi-anesthésie qui me faisait si peur, plus encore que le bistouri et les écarteurs. mon homme entrait au bloc et faute de voir son sourire caché par le masque, je voyais ses yeux briller de joie, d'émotion. et les yeux de laëtitia aussi, qui me disait "ça va aller, il est bientôt là".
il y a un an jour pour jour, le chirurgien posait sa main sur mon ventre et parlait à notre bébé en lui disant que c'était l'heure, on arrive mon loulou prépare-toi au grand saut dans la vie ça va te faire tout chose. une première fois sur mon ventre, puis encore après la première inscision sur l'utérus.
il y a un jour pour jour, laëtitia prenait gaspard dans ses bras, tout chaud sorti de moi et le présentait à xavier, lui laissant le soin de découvrir avec moi qui, de fils ou de fille, venait compléter notre famille. et me le posait délicatement dans le cou, sous la couverture chauffante, couvert de sang et de liquide amniotique.
il y a un an jour pour jour, je reniflais pour la première fois l'odeur de ce bébé, et pour la sixième fois j'avais l'impression que mon coeur allait exploser de toute cette vie qui venait l'irriguer.

c'était il y a un an déjà, cette rencontre. de celle qui change une vie. se remet-on de ces choses-là? depuis hier j'y pense. à ce dernier jour où il était en moi, à cette soirée au resto avec laëtitia et xav. au serveur qui avait peur que j'accouche sur place. au film que nous avions regardé en rentrant à l'hôpital dans notre chambre. à l'excitation et en même temps la paix que je ressentais. à ce sentiment d'être au coeur de la vie et la gravité qui en découlait. gravité empreinte de joie profonde.

quand je vois le petit garçon qu'il devient chaque jour depuis un an, mon coeur se remplit comme au jour de son entrée dans le monde. et je sens les larmes juste au bord de mes cils.

happy 1 mon gaspouille... ta vie, comme celle de tes frères et soeurs, marque à jamais la nôtre. je ne sais pas mon doux ce que tu te réserves, quel homme tu seras. mais tu peux avoir confiance en toi. avance à ton rythme, mon fils. tiens notre main tant que tu en as besoin...