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ça a commencé par cette chanson d'adele, rolling in the deep, qui, puisque je ne comprends pas du premier coup toutes les paroles en anglais, a fait naître chez moi des images de femme s'enfonçant dans une forêt en courant, sa longue jupe s'accrochant aux broussailles, manquant de perdre le foulard qu'elle porte sur la tête mais continuant malgré les obstacles sa course folle. une chanson qui réveille l'âme, de la soul, qui vient chatouiller les émotions et l'authenticité bien enfouie. le sauvage en moi.
écoutant en boucle cette chanson, prise dans le discernement du moment à faire, je me suis souvenue que j'avais acheté il y a quelques semaines ce livre dont j'avais beaucoup entendu parler : femmes qui courent avec les loups - histoires et mythes de l'archétype de la femme sauvage, de clarissa pinkola estés. j'ai ouvert le livre, et me suis retrouvée plongée dans les contes narrant les cycles de la femme, les initiations nécessaires quoi que parfois effrayantes (ah cette interprétations de baba yaga!). de quoi réveiller la femme en moi qui sent, qui a confiance, qui sait laisser mourir ce qui doit mourir et collaborer à la naissance de ce qui doit naître.
(je n'ai pas pu empêcher mon esprit d'asseoir à mes côtés pendant ma lecture certaines femmes que je connais. sab, marion, agathe, eiv et anaïs, vous étiez là, les premières, à lire par dessus mon épaule. cette assemblée de femmes en a convoqué d'autres; des femmes en marche. vibrantes, créatives, joyeuses et graves.)

en me couchant après avoir clos ce chapitre sur baba yaga et noté quelques petites choses sur mon moleskine, juste avant de fermer les yeux, j'ai demandé à la Mère Sauvage, celle qui sait et connaît le cycle de la vie, de me guider, d'être là en moi. et je me suis endormie là dessus. comme une masse.
ce matin pour la première fois depuis des semaines je me suis réveillée avant que mon réveil ne sonne. mon rêve était encore chaud. un jeune homme, le visage très abîmé, les yeux clos comme aveugle, demandait à une très vieille femme s'il allait guérir. de quoi, on ne le savait pas. elle lui répondait d'une voix ferme "pas comme ça". dans une deuxième séquence, le jeune homme avait les yeux ouverts, son visage était réparé. la vieille femme était assise dans un rocking chair, un peu en retrait, un petit sourire aux lèvres, le regard sur ses mains tranquillement posées dans son giron. et lui se tenait droit, regardant le monde.

En revenant de mes conduites du matin, sortant de la voiture, j'ai aperçu ses petites perce-neige fragiles. et je me suis sentie sauvage en écoutant mon envie de m'arrêter pour en rapporter quelques unes à la maison. rompre le cycle de la routine et prendre trois minutes pour se pencher dans l'herbe et cueillir des fleurs. plutôt que sauter de la voiture et filer retrouver la vaisselle du petit-déjeuner vite vite devant ma machine à coudre.

(vous pouvez me prendre pour une vieille folle, c'est peut-être un peu ce que je suis parfois...)

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